LE PARADOU

Le Paradou, où j’ai passé les plus belles années de ma jeunesse provençale est situé au pied des Baux entre Fontvieille et Maussane.

C’est le village du poète Charloun Rieu l’auteur de la Mazurka souto li pins (http://mtcn.free.fr/lyrics/mazurka-pins.php?lng=fr#).

En quarante ans le village a vu sa population doubler ; là où je courais librement, enfant, ont fleuris les résidences secondaires d’un goût plus ou moins douteux (parpaings crépis, fausse tuiles romaines) qui offusquent le paysage… C’est la rançon du temps qui passe…

Charloun Rieu dort  dans son beau tombeau rustique en pierre de Fontvieille, au cimetière du village,  sur la route des Baux, là où repose aussi ma mère.

Dans la plaine non loin du Paradou, se trouvent les ruines du château de Castillon, et tout près, sous les amandiers, le sol recèle, invisibles, les os de pauvres paysans du moyen-âge : de temps en temps affleuraient, dans les champs proches du château leurs ossements tout près de tomber en poudre. Il m’arrivait d’en trouver lors de mes randonnées adolescentes ; je les recouvrais alors pieusement d’un peu de terre.

Sur le sol même des ruines du château on trouvait encore, dans ma jeunesse, des carreaux d’arbalète, restes d’un très ancien siège.

Je sais que depuis des fouilles ont été entreprises et qu’on a trouvé d’intéressants vestiges.

De Castillon on a une vue superbe sur la chaîne des Alpilles, le château des Baux et le Mont Paon où se trouvent les traces des fondations d’une petite citadelle.

Ces trois positions fortes, les Baux, Castillon et Mont Paon, verrouillaient la Vallée des Baux et l’on pouvait communiquer par signaux de l’une à l’autre.

…Des Baux d’aujourd’hui je ne dirai rien: le village a perdu son âme en devenant un Disneyland pour touristes et un abri pour riches « people » de la jet société*.

Une légende raconte qu’un souterrain partait de Castillon pour rejoindre le Val d’Enfer … et que là se cacherait encore la Cabro d’Or (  http://www.tradicioun.org/la-cabro-d-or ) et son fabuleux trésor…

C’est là tout près de Castillon qu’à 16 ans, sous une  voie lactée splendide, par une chaude nuit d’été j’ai eu le privilège de connaître mes premiers émois amoureux avec une adorable « chatouno ». Etions nous vraiment, en ces « roaring sixties » finissantes, beaucoup moins sages (moudesto) que les « galanti chatouno » et « li amourous jouvèn »  de la Mazurka du Mas d’Escanin ?

 

Marscioun

 

* Mes propos n’engagent que moi, mais c’est mon avis et je le partage.

 

 

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